Actualités

Le CNRS a-t-il relayé une arnaque ciblant les pays en développement ?

Depuis plusieurs semaines, une page du site officiel de l’INSHS, composante du CNRS, diffuse une annonce intitulée « Programme de bourses coparrainées UNESCO–Canada 2024–2025 ». À première vue, l’initiative semble louable : 1 800 bourses pour des étudiants internationaux, une coopération entre deux entités prestigieuses… mais à y regarder de plus près, tout sonne faux.

Formulaire à demander par e-mail, exigences étranges (photos, scans), et surtout : aucune trace de cette bourse sur les sites officiels de l’UNESCO ou du gouvernement canadien.

Et pour cause : l’UNESCO a elle-même publié une alerte officielle, dénonçant une arnaque circulant sous ce nom, invitant les internautes à ne faire confiance qu’aux communications provenant de son domaine officiel « @unesco.org ». Or, la bourse promue sur le site du CNRS demande de contacter l’adresse douteuse « unesco.en@graduate.org ».

Un relais institutionnel d’une fraude ?

Dès lors, une question fondamentale se pose : comment une institution scientifique aussi prestigieuse que le CNRS peut-elle se retrouver à relayer une information non vérifiée, reconnue comme frauduleuse par l’UNESCO elle-même ?

S’agit-il d’une erreur humaine ? D’un manque de vigilance ? Ou d’un laisser-aller motivé, consciemment ou non, par le public ciblé par cette bourse : les étudiants issus de pays en développement ?

Une négligence ciblée ?

Ce point soulève un malaise plus profond : Aurait-on été plus rigoureux si la bourse avait concerné des étudiants français ou européens ? Le CNRS aurait-il publié cette offre sans vérification si elle avait ciblé des chercheurs canadiens ou américains ?

Cette question dérange, et elle doit être posée. Peut-on, en 2025, accepter que des étudiants africains, asiatiques ou sud-américains soient exposés à des arnaques via les canaux officiels d’institutions françaises ?

Ce n’est pas seulement une erreur de communication — c’est une atteinte à l’éthique universitaire, à la responsabilité scientifique, et à la mission d’inclusion internationale que le CNRS prétend incarner.

Une visibilité inquiétante sur Google

Encore plus préoccupant : la page incriminée figure actuellement en première page de Google lorsqu’on recherche des bourses UNESCO–Canada. Autrement dit, ce faux contenu est activement promu par l’algorithme grâce au poids institutionnel du CNRS, et non par les escrocs eux-mêmes.

Le danger est donc démultiplié : des milliers d’étudiants en quête d’opportunités peuvent tomber dans le piège, pensant légitimement faire confiance à un site de référence scientifique.

Le site du CNRS figure en deuxième position en cherchant avec le terme "bourses UNESCO Canada".
Le site du CNRS figure en deuxième position en cherchant avec le terme « bourses UNESCO Canada».

Un mécanisme d’extorsion bien rodé

Un témoignage récent, par l’un de nos lecteurs Tout sur l’Université, illustre concrètement la nature frauduleuse de cette offre : après avoir suivi toute la procédure, le candidat s’est vu réclamer 280 € à régler dans un délai de 96 heures, via MoneyGram ou Ria, à destination d’une adresse suspecte : « SMITH NDIOP PAUL » à Paris, France.

Ce type de demande de paiement anticipé — particulièrement par des canaux informels ou non traçables — est un signal d’alarme typique des arnaques internationales. Aucun programme officiel de bourse, qu’il soit géré par l’UNESCO, le gouvernement canadien ou toute autre institution crédible, ne sollicite de frais de ce genre, encore moins par mandat cash vers un particulier.

“Ils m’ont demandé 280 €” – Récit d’une tentative d’arnaque
“Ils m’ont demandé 280 €” – Récit d’une tentative d’arnaque de la « bourses UNESCO Canada ».

Ce cas renforce l’urgence d’agir : la publication de cette offre frauduleuse sur un site institutionnel a potentiellement permis à des escrocs d’approcher et de tenter d’extorquer des centaines d’euros à des étudiants en situation de vulnérabilité.

Silence inquiétant du CNRS et de l’INSHS

Fait préoccupant : nous avons bel et bien contacté le CNRS et l’INSHS à propos de cette page depuis plus d’une semaine, afin de signaler l’alerte et obtenir une réaction officielle. Aucune réponse à ce jour.

Ce silence, face à une fraude avérée et documentée, interroge lourdement sur la réactivité et le sens des responsabilités de ces institutions. L’absence de prise de position publique laisse la fausse offre continuer à circuler, augmentant le risque que d’autres étudiants tombent dans le piège.

Alerte transmise au CNRS – Silence depuis plus d’une semaine
Alerte transmise au CNRS – Silence depuis plus d’une semaine

Ce que cela révèle

Cet épisode révèle une faille grave dans les procédures éditoriales du CNRS. Il ne s’agit pas simplement d’une erreur ponctuelle, mais d’une absence flagrante de mécanismes de vérification, qui peut coûter cher à des candidats vulnérables. Il montre aussi que même les institutions les plus respectées ne sont pas à l’abri d’une forme de négligence structurelle, surtout lorsque les publics concernés sont éloignés, étrangers, ou peu visibles dans les sphères du pouvoir académique.

Ce que le CNRS doit faire, immédiatement :

  1. Retirer la page concernée sans délai, ou y apposer un avertissement officiel clair.
  2. Présenter des excuses publiques aux candidats potentiellement induits en erreur.
  3. Mettre en place un processus strict de validation pour toute publication relative aux programmes internationaux.
  4. Lancer une enquête interne pour déterminer comment une telle publication a pu être validée.

Une question de crédibilité

La crédibilité du CNRS repose sur la rigueur scientifique, la transparence et l’engagement envers l’intégrité. Relayer une fausse bourse sans vérification, surtout lorsqu’elle cible les pays du Sud, affaiblit durablement cette réputation.

Ignorer cette affaire serait un aveu. Y répondre fermement serait un signe de responsabilité. L’heure est au choix.

Sources :
[1] https://www.inshs.cnrs.fr/fr/programme-de-bourses-coparrainees-unescocanada-2024-2025
[2] https://www.unesco.org/en/scamalert

7 commentaires

  1. je m’appelle TCHAWOU ESTHER SAMANTA je suis titulaire d’un bac D actuellement étudiante en licence (MÉDECINE), je souhaiterais étudier au Canada pour être un médecin compétent

  2. je m’appelle Marcel Tshishimbi de la nationalité congolaise, je viens à travers ce message vous dire que je suis intéressé par votre annonce. je suis gradué en sic mais faire le master c’est mon besoin préféré.

  3. c’est sympa j’ espère que vous envoyer aussi ce genre d’ annonce en 2027 .
    je serai super contente

  4. j’ai été jusqu’au bout dans la procédure, apres ils m’ont demandé 280€ dans un délai de 96 heures, que je dois envoyer par money gramm ou Ria sur une adresse bizarre : SMITH NDIOP PAUL à Paris en FRANCE.
    vigilance mes frères.

  5. En premier je vous remercie pour votre proposition. Sur ceux j’aimerais cinti3mes études de licence en domaine génie civil pour pourvoir acquérir plus d’informations sur le plan pratique et théorie afin de pouvoir participer non seulement à la construction de votre payszis aussi aux pays de L’UEMOA.
    Merci !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page